[36]Voici ce qu’écrivait Ali Bey, en 1804, au sujet de la puissance de la zaouïa de Bou el Djạd et de Sidi El Ạrbi, qui en était alors le chef :
« Je parlerai ici des deux plus grands saints qui existent maintenant dans l’empire du Maroc : l’un est Sidi Ali Benhamèt, qui réside à Wazen ; et l’autre, qui se nomme Sidi Alarbi Benmàte, demeure à Tedla.
« Ces deux saints décident presque du sort de l’empire, parce que l’on croit que ce sont eux qui attirent les bénédictions du ciel sur le pays. Dans les districts où ils habitent, il n’y a ni pacha, ni kaïd, ni gouverneur du sultan, et on n’y paie aucune espèce de tribut ; le peuple est entièrement gouverné par ces deux saints personnages, sous une espèce de théocratie et dans une sorte d’indépendance. La vénération dont jouissent ces personnages est si grande que, lorsqu’ils visitent les provinces, les gouverneurs prennent leurs ordres et leurs conseils...
« Je n’ai pas vu Sidi Alarbi, qui était à Tedla ; mais je connais un de ses neveux, qui est venu me voir en son nom. Il est fort rouge, et tellement gros que sa respiration est fatigante. On assure que Sidi Alarbi est encore plus grand et plus gras. On voit que les jeûnes et les macérations sont loin de porter atteinte à la vigueur et à la santé de nos saints. Malgré sa grosseur, on ajoute que Sidi Alarbi monte légèrement à cheval et qu’il tire très bien un coup de fusil, ce qui est une nouvelle faveur de la divinité. Malheureusement quelques discussions se sont élevées entre lui et le sultan Muley Seliman. Ce dernier ayant fait construire une mosquée dans le territoire de Tedla et ayant sans doute manqué à certains égards, Sidi Alarbi crut devoir la convertir en écurie. Muley Seliman fit alors présent de mille ducats à Sidi Alarbi pour l’apaiser. Le vénérable saint envoya en échange mille moutons au sultan. Il faut espérer que cet acte de repentir gagnera la miséricorde de Dieu par la recommandation du saint. » (Voyages d’Ali Bey el Abbasi en Afrique et en Asie pendant les années 1803, 1804, 1805, 1806 et 1807 ; t. 1, chap. XV.)
[37]Le miḥrab est une niche orientée dans la direction de la Mecque.
[38]« Maison du gouvernement ».
[39]Le sel abonde au Maroc. D’autres salines très riches, d’où l’on tire des dalles semblables à celles des Beni Mousa, se trouvent sur le territoire des Imeṛrân. Les rivières salées sont aussi en grand nombre : j’en ai rencontré plusieurs : ce sont l’Ouad Oumm er Rebiạ, l’Ouad Rḍât, l’Ouad Iounil, l’Asif Marṛen, l’Ouad Tisint, l’Ouad Tatta, l’Ạïn Imaṛiren (Ḥaḥa), etc. L’Ouad Messoun, affluent de la Mlouïa, est salé aussi, m’a-t-on dit.
[40]Au singulier tiṛremt, au pluriel tiṛrematin.
[41]Au singulier agadir, au pluriel igoudar.