Je décidai un jour d'aller en faire l'examen. Je pris avec moi un de ceux qui l'avait déjà visitée et qui lui prêtait dans son imagination le caractère le plus féerique.
On y parvenait en gravissant une pente très abrupte. De grands arbres répandaient leur ombrage sur l'entrée spacieuse de la caverne. La chambre principale se trouvait éclairée par fissures de la voûte par lesqelles filtrait une douce lumière.
Au centre, une énorme pierre carrée à surface unie semblait représenter une table. Cinq ou six pierres échappées de la voûte étaient disposées autour à la manière de tabourets. A deux pas plus loin une colonne de pierre, toute d'une pièce, s'élevait droite et perçait la voûte. Elle avait la forme des cheminées de nos habitations de campagne.
Cette caverne était divisée en plusieurs compartiments. Deux dans le fond étaient éclairés par les rayons du soleil qui y pénétraient par des ouvertures naturelles. Cette lumière donnait la vie aux petites fleurs qui en tapissaient les parois. Quelques vignes sauvages grimpaient le long des rochers, montaient jusqu'aux interstices et s'échappaient au dehors comme pour aller demander plus de sève au soleil.
A gauche, se trouvait un alcôve éclairé seulement par l'entrée. Au fond de cet alcôve et a angle droit on voyait un antre obscur, où il y avait un trou profond, circulaire, s'enfonçant tellement dans la montagne que j'essayai à le sonder avec une perche de dix-huit pieds sans aucun résultat. En approchant mon oreille de l'ouverture, j'entendis comme le bruit d'une forte chute d'eau.
Quelques années plus tard, lorsque je visitai la caverne, avec mon Adala à qui j'en avais parlé, l'intérieur en était complètement changé.
Des tremblements de terre avaient fait tomber une partie de la voûte. Ce n'était plus qu'une ruine de ce que j'avais vu.
Un jour, il y eut grand émoi dans le village. Deux hommes, en longeant le sentier au pied de la montagne, y avaient aperçu des flammes et une fumée qui s'en échappaient. On avait même vu deux ou trois ombres sur le sommet du rocher et ce ne pouvaient être des hommes. La frayeur était à son comble.
Des voisins vinrent le soir veiller chez moi, suivant leur habitude, et me racontèrent ce qui faisait le sujet de toutes les conversations.
Tous ceux qui fréquentaient ma maison étaient de braves gens doués d'un esprit sain et de le plus grande honnêteté, de plus d'un courage éprouvé.