— J’en ai connu un, à Chelles, qu’on avait nommé Jacques, et cela lui allait, ma foi, comme un gant !

— Nous appellerons donc celui-ci : Emile.

— S’il me suit jusque chez moi.

Il me suivit jusque chez moi. Et voilà comment Emile eut pour parrain un écrivain illustre.

5

Golo, à propos de qui Léon Lafage me demandait volontiers : « Vous êtes sûr que ce n’est pas un tigre ?… » reçut fort mal cet intrus, lui administra une tripotée mémorable, et tout se passa comme si cet animal aussi célèbre que Magre avait été offusqué par la réputation naissante d’un Jean Cocteau. Il mourut d’une maladie de foie, dans un âge encore tendre, et dont le nouveau venu supporte allégrement le double, au jour que j’écris.

Emile était, dès ce moment, lui-même : patience et sapience, résignation et bonté. Il accepta sans broncher la correction du tigre en miniature et dévora placidement les reliefs d’un poulet et un morceau d’omelette froide.

Il est devenu beaucoup plus difficile par la suite…

Mais ce sont là des façons d’agir qui ouvrent à n’importe qui une belle carrière de sous-préfet.

LIVRE CINQUIÈME
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