— On a bien ri, nous assura-t-il… Oh ! et puis, il y en a une, de nouvelle !… V’savez pas ce que Fonteil, le boucher, qui est venu ici acheter du bétail, vient de nous apprendre : cet imbécile de Combrazot… oh ! là ! là !…
— Eh bien ?
— Eh bien, on l’a trouvé pendu, ce matin, dans sa chambre.
— Vous êtes sûr de n’être pas tout à fait saoul ? demanda Ève, haletante.
— Je suis sûr d’être tout à fait saoul, répondit Gonteyrac avec beaucoup de sang-froid… Mais il n’y avait pas que Fonteil pour parler de cette histoire… C’est la vérité, la vraie vérité… Qu’est-ce que tu dis de ça, hein, mon vieux Michel ?
— Ça le regardait ; moi, je m’en fous.
Ève me serra fiévreusement la main dans l’ombre… La pâleur de sa figure, quand Gonteyrac nous eût quittés pour aller cuver son vin, sous la tente, à l’arrière, la distinguait à peine de l’écharpe blanche qu’elle venait d’enrouler autour de son cou… Nous étions seuls, bien seuls ; ce fut cependant à voix très basse qu’elle me demanda :
— Répète… pour moi… ce que tu disais à Gonteyrac, tout à l’heure.
— Quoi donc ?
— Que… que tu t’en foutais.