Et soudain, tombant d’un rouge vitrail,
Un flot de soleil heurta son poitrail,
Y fit rutiler un reflet de torche…
Et ceux qui s’étaient massés sous le porche,
Blêmes, et tremblant d’un effroi mortel,
Virent le démon, près du maître-autel,
Les coudes levés, et qui semblait boire
Le sang d’Apollon dans le Saint-Ciboire.
Bien entendu, le félibre Hector nous récitait ainsi d’autres poèmes de son cru. Si j’ai retenu celui-ci de préférence, c’est qu’il l’avait composé dans la langue des barbares d’Outre-Loire, « dans cet immonde patois français qui a déshonoré jusque chez nous l’air qu’on respire ». J’emploie les expressions mêmes du félibre Hector, homme placide et bon vivant remarquable, mais qu’un éternel besoin de revanche tracassait jusqu’à l’exaspération, et jusqu’à une exaspération lyrique, quand on prononçait devant lui le nom, non pas de Sedan, certes, — car il ne s’occupait pas des affaires des autres, — mais celui, par exemple, de Muret.
Un poème d’Hector en français ! Comme je m’en étonnais, il m’expliqua qu’il en composait ainsi quelques-uns, dans ses moments de neurasthénie et dans un but de propagande.