Je haussai les épaules. Il se leva, fit quelques pas le long du fleuve, et, soudain, poussa un cri :

— Viens voir : une porte !…

J’accourus. Ceintras me désigna du doigt une plaque de métal enchâssée dans un enfoncement de la falaise rocheuse. Stupéfait, je frappai machinalement trois coups contre la plaque ; l’écho du son sembla retentir à l’infini dans les profondeurs de la terre.

— C’est creux, fis-je en baissant instinctivement la voix.

— Une porte !… C’est une porte ! s’écria Ceintras, et c’est sous la terre qu’ils ont leur domicile. Voilà pourquoi nous ne les apercevions nulle part !

— Si on rentrait ? proposai-je.

— Diable ! fit-il avec un léger mouvement de recul, cela me semble un peu téméraire.

— Je n’en disconviens pas, répondis-je, Cependant, ces hommes du Pôle sont intelligents, civilisés… Il n’y a que des créatures raisonnables pour façonner les métaux, asservir les forces de la nature… Et des créatures raisonnables, comme ils sont et comme nous sommes, doivent toujours finir par s’entendre…

— Mais…

— Laisse-moi parler. Il n’y a pas d’hésitation possible. Notre ballon est cloué au sol par leur volonté. Il faudra tôt ou tard, — et le plus tôt sera le mieux — les aborder, même s’ils se dérobent… Lier commerce avec eux, parvenir à nous en faire comprendre, obtenir notre délivrance, c’est la meilleure ligne de conduite à suivre ; c’est même, si tu veux savoir toute ma pensée, là-dessus que je fonde mon unique espoir de sortir d’ici.