Dans l'une des tristes chambres de cette triste auberge de Brietz étaient assis Bintrey et Maître Voigt.
Ils étaient un conseil,—suivant les habitudes de leur profession,—un conseil composé de deux membres. Bintrey fouillait sa boîte à dépêches; Maître Voigt regardait sans cesse une porte fermée, peinte en une certaine couleur brune qui se proposait d'imiter l'acajou.
Cette porte s'ouvrait sur la chambre voisine.
—L'heure n'est-elle pas arrivée?... Ne devait-il pas être ici?...—fit le notaire,—qui changea la direction de son regard pour examiner une seconde porte à l'autre bout de la chambre.
Celle-là était peinte en jaune et se proposait d'imiter le bois de sapin.
—Il est ici!—répliqua Bintrey, après avoir écouté un moment.
La porte jaune fut ouverte par un valet qui introduisit Obenreizer.
Il salua Maître Voigt en entrant, avec une familiarité qui ne causa pas peu d'embarras au notaire; il salua Bintrey avec une politesse grave et réservée.
—Pour quelle raison m'a-t-on fait venir de Neufchâtel au pied de cette montagne?—demanda-t-il en prenant le siège que l'homme de loi Anglais lui indiquait.
—Votre curiosité sera complètement satisfaite avant la fin de notre entrevue,—répliqua Bintrey.—Pour le moment, voulez-vous me permettre un conseil?... Oui. Eh bien! allons tout droit aux affaires. Je suis ici pour représenter votre nièce.