—Ne devrais-je pas plutôt dire: Est-ce vous, Monsieur George? C'est mon affaire à moi d'être ici; ce n'est pas la vôtre.

—Allons! ne grondez pas, Joey.

—Je ne gronde pas,—fit le garçon de cave,—si quelque chose gronde en moi, c'est le vin que j'ai respiré et pris par les pores, mais ce n'est pas moi. Oh! si vous restiez dans les caves assez longtemps pour que les vapeurs vous étourdissent, vous m'en diriez des nouvelles.... Mais quoi! vous voilà donc entré régulièrement dans nos affaires, Monsieur George?

—Régulièrement, j'espère que vous n'y trouvez rien à redire?

—Dieu m'en préserve! Mais le vin que je prends par les pores et qui est grognon me dit que vous êtes trop jeunes. Vous êtes trop jeunes tous les deux.

—C'est un malheur que nous trouverons bien le moyen de réparer quelque jour, Joey.

—Sans doute, Monsieur George, mais moi, qui trouve le moyen de vieillir chaque année, je ne vous verrai point devenir sages.

Et Joey se sentit si content de ce qu'il venait de dire qu'il se mit à rire aux éclats.

—Ce qui est beaucoup moins gai,—reprit-il,—c'est que Monsieur Wilding, depuis qu'il dirige la maison, en a changé la chance. Remarquez bien ce que je vous dis. La chance est changée. Il s'en apercevra. Ce n'est pas pour rien que j'ai passé ici dessous toute ma vie. Les remarques que je fais ne me trompent jamais. Je sais quand il doit pleuvoir ou quand le temps veut se maintenir au beau, quand le vent va souffler, quand le ciel et la rivière redeviendront calmes. Et je sais aussi bien quand la chance est près de changer.

—Est ce que la végétation qui croît sur ces murs est pour quelque chose dans vos observations?—demanda Vendale, en tournant sa lumière vers de sombres amas d'énormes fongus, appendus aux voûtes, et d'un effet désagréable et repoussant.