—Bon musicien.
Obenreizer avait fort bien chanté la veille.
—Très bon musicien vraiment,—fit Vendale.
—Et il cause bien.
—Oui,—répétait toujours Vendale,—il cause bien. Savez-vous une chose, mon cher Wilding? C'est qu'en pensant à lui il me vient l'idée qu'il ne sait pas se taire.
—Quoi!—dit Wilding,—il n'est pas bavard jusqu'à l'importunité?
—Ce n'est pas là ce que je veux dire. Mais lorsqu'il se tait, son silence met ses interlocuteurs en peine. Son silence éveille tout de suite, vaguement, injustement peut-être, je ne sais quelle méfiance. Tenez, songez à des gens que vous connaissez, que vous aimez. Prenez n'importe lequel de vos amis....
—Ce sera bientôt fait,—dit Wilding,—c'est vous que je prends.
—Je ne voulais pas m'attirer ce compliment; je ne l'avais même pas prévu,—répliqua Vendale en riant.—Soit, prenez-moi donc et réfléchissez un moment. N'est-il pas vrai que la sympathie que vous fait éprouver mon intéressant visage vient, surtout, de l'expression qu'il a quand je suis silencieux. Et, en effet, cette expression, n'étant point cherchée ni composée, est la plus naturelle, et l'on peut dire qu'elle est le vrai miroir de mon âme.
—Je crois que vous dites vrai.