Après quelques remarques préliminaires, M. Pott se tourna vers M. Pickwick et lui dit avec solennité:
«Cette élection excite un grand intérêt dans la métropole, monsieur.
—Je le pense, répondit M. Pickwick.
—Auquel je puis me flatter, continua M. Pott en regardant M. Perker de manière à faire confirmer ses paroles, auquel je puis me flatter d'avoir contribué en quelque chose par mon article de samedi dernier.
—Sans aucun doute, assura le petit homme.
—Monsieur, poursuivit M. Pott, la presse est un puissant engin.»
M. Pickwick donna un assentiment complet à cette proposition.
«Mais je me flatte, monsieur, que je n'ai jamais abusé de l'énorme pouvoir que je possède. Je me flatte, monsieur, que je n'ai jamais dirigé le noble instrument placé entre mes mains par la Providence, contre le sanctuaire inviolable de la vie privée, contre la réputation des individus, cette fleur tendre et fragile. Je me flatte, monsieur, que j'ai dévoué toute mon énergie à... à des efforts... faibles peut-être, oui, j'en conviens, à de faibles efforts, pour inculquer ces principes que... dont... pour lesquels....»
L'éditeur de la Gazette d'Eatanswill paraissant s'embrouiller, M. Pickwick vint à son secours en lui disant:
«Certainement, monsieur.