—Si, si, oh! si, ma chère dame!» s'écria Tom Smart en laissant tomber une pluie d'énormes larmes sur les infortunes de la veuve. Il avait passé un bras autour de sa taille, dans l'énergie de sa compassion; et la veuve, dans son transport de chagrin, avait serré la main de Tom. Elle regarda le visage du voyageur et elle sourit à travers ses larmes: Tom se pencha vers elle, il contempla ses traits, et il sourit aussi à travers ses pleurs.
Je n'ai jamais pu découvrir si Tom embrassa la veuve dans ce moment-là. Il disait souvent à mon oncle qu'il n'en avait rien fait, mais j'ai des doutes là-dessus. Entre nous, messieurs, je m'imagine qu'il l'embrassa.
Quoi qu'il en soit, Tom jeta le grand homme à la porte, et il épousa la veuve dans le mois. On le voyait souvent se promener aux environs avec sa jument capricieuse, qui traînait lestement la carriole grise aux roues écarlates. Après beaucoup d'années il se retira des affaires et s'en alla en France avec sa femme. L'antique maison fut alors abattue.
Un vieux gentleman curieux prit la parole après le commis voyageur.
«Voulez-vous me permettre, lui dit-il, de vous demander ce que devint le fauteuil?
—On remarqua qu'il craquait beaucoup le jour de la noce, mais Tom Smart ne pouvait pas dire positivement si c'était de plaisir ou par suite de souffrances corporelles. Cependant il pensait plutôt que c'était pour la dernière cause, car il ne l'entendit plus parler depuis.
—Et tout le monde crut cette histoire-là, hein? demanda le visage culotté en remplissant sa pipe.
—Tout le monde, excepté les ennemis de Tom. Ceux-ci disaient que c'était une blague. D'autres prétendirent qu'il était gris, qu'il avait rêvé tout cela et qu'il s'était trompé de culotte. Mais personne ne s'arrêta à ce qu'ils disaient.
—Tom Smart soutint que tout était vrai?
—Chaque mot.