«Ma chère, voici M. Charles Fitz-Marshall.
—Enfin! s'écria Mme Chasselion. Avec quelle anxiété je l'ai attendu! Messieurs, je vous prie, laissez passer M. Fitz-Marshall. Mon cher, dites à M. Fitz-Marshall de venir me trouver sur-le-champ, pour que je le gronde d'être arrivé si tard.
—Voilà, ma chère dame, dit une voix claire. Aussi vite que possible,—foule étonnante,—chambre comble,—fort difficile d'approcher, très-difficile.»
Le couteau et la fourchette de M. Pickwick lui tombèrent des mains. Il regarda M. Tupman, qui avait aussi laissé tomber sa fourchette et son couteau, et qui paraissait prêt à s'abîmer sous terre.
«Ah!» s'écria la voix, tandis que son possesseur s'ouvrait un passage à travers une vingtaine de Turcs, d'officiers, de cavaliers et de Charles II, qui formaient une dernière barricade entre lui et la table.
«Voilà mes vêtements tout cylindrés,—brevet d'invention,—pas un pli dans mon habit,—joliment pressé!—Pas besoin de faire repasser mon linge, ha! ha!—la bonne idée,—drôle de chose, malgré ça, de faire cylindrer son linge sur soi,—opération fatigante, très-fatigante.»
En prononçant ces phrases brisées, un jeune homme, vêtu en officier de marine, parvint à s'approcher de la table, et présenta aux regards étonnés des pickwickiens la tournure et les traits identiques de M. Alfred Jingle.
Il avait à peine eu le temps de prendre la main que lui tendait Mme Chasselion, lorsque ses yeux rencontrèrent les orbes indignés de M. Pickwick.
«Tiens! tiens! s'écria le coupable; oublié,—pas d'ordre aux postillons,—j'y vais moi-même,—revenu dans un instant.
—Le domestique, ou bien M. Chasselion, donnera vos ordres, monsieur Fitz-Marshall, dit la maîtresse de la maison.