—Ah! c'est vrai, répliqua le philosophe en regardant sa montre. Vous avez raison, Sam.

—Et si c'était moi, monsieur, je voudrais prendre juste une bonne nuit de repos avant de demander des renseignements sur ce finaud. Il n'y a rien pour rafraîchir l'esprit comme un bon somme, monsieur, comme dit la servante avant d'avaler son petit verre de l'eau d'ânon.

—Je crois que vous avez raison, Sam; mais je veux d'abord m'assurer qu'il est dans cet hôtel et qu'il ne m'échappera point.

—Laissez-moi c'te affaire-là, monsieur. Je vas vous ordonner un joli petit dîner et faire une enquête en bas, pendant qu'on l'apprêtera. Je tirerai tous les secrets du décrotteur, en cinq minutes.

—A la bonne heure,» dit M. Pickwick, et Sam se retira.

Au bout d'une demi-heure M. Pickwick était assis devant un dîner très-satisfaisant, et un quart d'heure plus tard, Sam lui rapportait l'assurance que M. Charles Fitz-Marshall avait retenu, jusqu'à nouvel ordre, sa chambre particulière; il était allé passer la soirée dans une maison du voisinage, avait ordonné au garçon de l'attendre et avait emmené son domestique avec lui.

«Maintenant, monsieur, continua Sam, après avoir fait son rapport, si je puis causer un brin avec ce domestique ici, il me contera toutes les affaires de son maître.

—Comment savez-vous cela? demanda M. Pickwick.

—Que vous êtes donc jeune monsieur! Tous les domestiques en font autant.

—Oh! oh! fit le philosophe, j'avais oublié cela: c'est bon.