Très-heureusement cependant, Mme Pott avait attaché à sa personne une sorte de garde du corps, dans la personne d'une jeune lady dont l'emploi ostensible était de présider à la toilette de sa maîtresse, mais qui se rendait utile d'une infinité d'autres manières, et principalement en aidant cette aimable femme à contrecarrer chaque désir, chaque inclination du malheureux journaliste. Les hurlements hystériques de Mme Pott atteignirent bientôt les oreilles de ladite garde du corps, et l'amenèrent dans le parloir, avec une rapidité qui menaçait de déranger matériellement l'harmonie exquise de son bonnet et de sa chevelure.

«O ma chère maîtresse! ma chère maîtresse! s'écria la jeune personne, en s'agenouillant d'un air égaré à côté de la gisante Mme Pott; ô ma chère maîtresse! qu'est-ce que vous avez?

—Votre maître!... votre brutal de maître....» balbutia la malade.

Pott faiblissait évidemment.

«C'est une honte! dit la jeune fille d'un ton de reproche. Je suis sûre qu'il vous fera mourir, madame. Pauvre cher ange!»

Pott faiblit encore plus: l'autre parti continua ses attaques.

«Oh! ne m'abandonnez pas! Ne m'abandonnez pas, Goodwin! murmura Mme Pott, en s'attachant avec une force convulsive au poignet de la jeune demoiselle. Vous êtes la seule personne qui m'aimiez, Goodwin!»

A cette apostrophe touchante, miss Goodwin monta, de son côté, une petite tragédie, et versa des larmes en abondance.

«Jamais! madame, soupira-t-elle. Ah! monsieur, vous devriez prendre garde.... Vous devriez être prudent! vous ne savez pas quel mal vous pouvez faire à ma maîtresse. Vous en seriez fâché un jour.... Je le sais bien... je l'ai toujours dit!»

Le malheureux Pott regarda sa moitié d'un air timide, mais il ne dit rien.