«Goodwin.... dit Mme Pott, d'une voix douce.
—Madame?
—Si vous saviez combien j'ai aimé cet homme-là!
—Ne vous tourmentez pas en vous rappelant ça, madame.»
Pott laissa voir qu'il était effrayé; c'était le moment de frapper un coup décisif.
«Et maintenant! sanglota Mme Pott, maintenant! Après tant d'amour, être traitée comme cela! Être méconnue! être insultée! en présence d'un tiers, d'un étranger! Mais je ne me soumettrai pas à cela, Goodwin, continua Mme Pott en se soulevant, dans les bras de sa suivante. Mon frère le lieutenant me protégera.... Je veux une séparation, Goodwin.
—Certainement, madame. Il le mériterait bien.»
Quelles que fussent les pensées qu'une menace de séparation pût exciter dans l'esprit de l'éditeur, il ne les exprima pas; mais il se contenta de dire avec grande humilité: «Ma chère âme, voulez-vous m'entendre?»
Une nouvelle décharge de sanglots fut la seule réponse, et Mme Pott, devenue encore plus nerveuse, demanda, d'une voix entrecoupée, pourquoi elle avait été mise au monde, pourquoi elle s'était mariée, et voulut être informée d'une foule d'autres secrets de ce genre.
«Ma chère, lui remontra M. Pott, ne vous abandonnez pas à ces sentiments exaltés. Je n'ai jamais cru que ce paragraphe eût aucun fondement; aucun, ma chère! Impossible! J'étais seulement irrité, je puis dire furieux, ma chère, contre les éditeurs de l'Indépendant qui ont eu l'insolence de l'insérer. Voilà tout.» En parlant ainsi, M. Pott jeta un regard suppliant à le cause innocente du grabuge, pour l'engager à ne point parler du serpent.