«Hé ben! Sammy? dit le père, je ne t'ai pas vu depuis deux ans et mieux.

—C'est vrai ça, vieux farceur. Comment va la belle-mère?

—Hé ben! je vas te dire quoi, Sammy, reprit M. Weller senior d'une voix très-solennelle. I' n'y a jamais évu une pus belle veuve que ma seconde. Une douce criature que c'était, Sammy, et tout ce que je peux dire à présent, c'est ça: pisqu'elle faisait une si extra-superfine veuve, c'est ben dommage qu'elle ait changé de condition. Elle ne réussit pas pour une femme, Sammy.

—Bah! vraiment?» demanda M. Weller junior.

M. Weller senior secoua la tête en répondant avec un soupir:

«J'ai fait la chose une fois de trop, Sammy, j'ai fait la chose une fois de trop. Prenez exemple sur vot' père, mon garçon, et prenez ben garde aux veuves toute vot' vie, espécialement si elles tiennent une auberge, Sammy.»

Ayant expectoré cet avis paternel, avec grand pathos, M. Weller senior tira de sa poche une boîte d'étain, remplit sa pipe, l'alluma avec les cendres de la précédente et recommença à fumer d'un grand train.

Après une pause considérable il s'adressa à M. Pickwick, en continuant le même sujet:

«Demande vot' excuse, mossieu; rien de personnel, j'espère, mossieu? Vous n'avez pas empaumé une veuve?

—Non, pas encore, répondit M. Pickwick en riant;» et tandis que M. Pickwick riait, Sam informa son père à l'oreille des rapports qui existaient entre lui et ce gentleman.