«Maintenant, monsieur, dit M. Pickwick à M. Nupkins, maintenant, monsieur, ayant accompli notre dessein, mes amis et moi, nous allons vous faire nos adieux, et tout en vous remerciant pour l'hospitalité que nous avons reçue, permettez-moi de vous assurer, en leur nom comme au mien, que nous ne l'aurions pas acceptée, et que nous n'aurions pas consenti à sortir ainsi de la situation où nous nous trouvions, si nous n'y avions pas été incités par un vif sentiment de devoir. Nous retournons à Londres demain matin: votre secret est en sûreté avec nous.»

Ayant ainsi protesté contre ce qui s'était passé dans la matinée, M. Pickwick fit un profond salut aux dames, et malgré les sollicitations de la famille, quitta la chambre avec ses amis.

«Prenez votre chapeau, Sam, dit-il à son domestique.

—Il est en bas, monsieur,» répliqua Sam, et il courut le quérir dans la cuisine.

Le chapeau étant égaré, Sam fut obligé de le chercher et Mary, qui se trouvait là toute seule, l'éclaira. Après avoir regardé de tous les côtés, la jolie bonne, dans son anxiété pour trouver le chapeau perdu, se mit sur ses genoux et retourna tous les objets entassés dans un petit coin derrière la porte. C'était un petit coin fort incommode. On ne pouvait y arriver sans commencer par fermer la porte.

«Le voilà, dit enfin la jolie bonne, n'est-ce pas cela?

—Voyons,» fit Sam.

Mary avait posé la chandelle sur le plancher, et, comme elle éclairait fort peu, Sam fut obligé de se mettre aussi à genoux pour voir si c'était réellement son chapeau. Le recoin était remarquablement petit, et ainsi, sans qu'il y eût de la faute de personne, excepté de l'architecte qui avait bâti la maison Sam et la jolie bonne se trouvaient nécessairement fort près l'un de l'autre.

«C'est bien lui, dit Sam, adieu.

—Adieu, répondit la jolie bonne.