—Non, non, maman. Il dit qu'il neige et que le vent souffle fort; et il a raison, car on entend un fameux tapage dans la cheminée.
—Ha! reprit la vieille dame, il faisait un vent comme cela, et il tombait aussi de la neige, il y a bien des années.... Attendez, que je me rappelle.... juste cinq ans avant la mort de votre pauvre père. C'était la veille de Noël aussi, et je me souviens qu'il nous raconta l'histoire du vieux Gabriel Grub, qui a été enlevé par les goblins[33].
—L'histoire de qui? demanda M. Pickwick avec curiosité.
—Oh! rien, répliqua M. Wardle. L'histoire d'un vieux sacristain, que les bonnes gens d'ici supposent avoir été emporté par les goblins.
—Supposent! s'écria la vieille lady. Y a-t-il quelqu'un d'assez téméraire pour en douter? Supposent! N'avez-vous pas toujours entendu dire, depuis votre enfance, qu'il a été emporté par les goblins, et ne savez-vous pas que c'est la vérité?
—Très-bien, maman, répliqua M. Wardle, en riant, il fut emporté si vous voulez.—Il fut emporté par les goblins, Pickwick, et voilà toute l'histoire.
—Non pas, non pas, je vous assure, reprit M. Pickwick. Ce n'est pas toute l'histoire, car il faut que j'apprenne comment il fut enlevé, et pourquoi, et les tenants et les aboutissants.»
M. Wardle sourit, en voyant toutes les têtes se pencher pour l'écouter. Ayant donc rempli son verre d'une main libérale, il porta une santé à M. Pickwick, par un geste familier, et commença ainsi qu'il suit....
Mais que Dieu bénisse notre cerveau d'éditeur. A quel long chapitre nous sommes-nous laissé entraîner! Nous le déclarons solennellement, nous avions complétement oublié toutes ces petites entraves qu'on appelle chapitres. C'est égal: nous allons donner le champ libre aux revenants en leur ouvrant un nouveau chapitre. Point de passe-droits à leur préjudice, s'il vous plaît, messieurs et mesdames.