NOËL.

J'aime peu le printemps; sur son aile inconstante.
Il apporte, il est vrai, les boutons et les fleurs,
Mais ce qu'épanouit son haleine enivrante,
Il le brûle aussitôt par ses folles rigueurs.
Sylphe capricieux, ignorant ce qu'il aime,
Il change, en un moment, d'aspect et de vouloir,
Il vous sourit, vous berce, et puis à l'instant même,
Il brise, dans sa fleur, votre naissant espoir.

J'aime peu de l'été le soleil magnifique.
Quand il darde sur nous ses rayons énervants,
Il enfante souvent la fièvre frénétique,
La rage, et de l'amour les douloureux tourments.
Je pourrais préférer le nuit calme et glacée,
Qui suit, modestement, un beau jour de moisson;
Mais la feuille qui tombe attriste ma pensée,
Et l'automne n'est point encore ma saison.

Je préfère Noël, le gentleman antique,
Qui ramène l'hiver et les festins joyeux;
Vidons en son honneur, dans la salle gothique,
D'innombrables flacons de nos vins les plus vieux!
Noël est le gardien des vertus domestiques,
Le plus doux souvenir de nos vieilles maisons.
Pousses donc avec moi trois hourras sympathiques,
Pour saluer le Roi de toutes les saisons!

Cette chanson fut accueillie par un tonnerre d'applaudissements. Un auditoire composé d'amis et de serviteurs est toujours si bénévole! Les parents pauvres, surtout, tombaient dans de véritables extases de ravissement.

Le feu fut garni de nouveaux troncs, et le bol accomplit une ronde nouvelle.

«Comme il neige, dit un des hommes à voix basse.

—Comment! il neige? répéta Wardle.

—Oui, monsieur, la nuit est noire et froide. Le vent vient de se lever, et il fouette la neige en tourbillons dans la plaine.

—Qu'est-ce qu'il dit donc? demanda la vieille lady; est-ce qu'il est arrivé quelque chose?