—Un soufflet, monsieur, répliqua Dowler. Maîtrisez vos premiers mouvements, asseyez-vous, écoutez-moi.

—Monsieur, dit M. Winkle, en tremblant des pieds à la tête, avant que je consente à m'asseoir auprès ou en face de vous, sans la présence d'un garçon, il me faut d'autres assurances de sécurité. Vous m'avez fait des menaces la nuit dernière, monsieur, d'affreuses menaces! Ici M. Winkle s'arrêta et devint encore plus pâle.

—C'est la vérité, repartit M. Dowler avec un visage presque aussi blanc que celui de son antagoniste. Les circonstances étaient suspectes. Elles ont été expliquées. Je respecte votre courage. Vous avez raison. C'est l'assurance de l'innocence. Voilà ma main, serrez-la.

—Réellement, monsieur, répondit M. Winkle, hésitant à donner sa main, dans la pensée que M. Dowler pourrait bien vouloir le prendre en traître, réellement, monsieur, je....

—Je sais ce que vous voulez dire, interrompit l'autre. Vous vous sentez offensé. C'est naturel, j'en ferais autant à votre place. J'ai eu tort, je vous demande pardon. Soyons amis, pardonnez-moi....» Et en même temps Dowler s'empara de la main de M. Winkle, et la secouant avec la plus grande véhémence, déclara qu'il le regardait comme un garçon plein de courage, et qu'il avait de lui meilleure opinion que jamais.

«Maintenant, poursuivit-il, asseyez-vous, racontez-moi tout. Comment m'avez-vous découvert? Quand est-ce que vous êtes parti pour me suivre? Soyez franc, dites tout.

—C'est entièrement par hasard, répliqua M. Winkle grandement intrigué par la tournure singulière et inattendue de leur entrevue, entièrement.

—J'en suis charmé. Je me suis éveillé ce matin. J'avais oublié mes menaces. Le souvenir de votre aventure me fit rire. Je me sentais des dispositions amicales: je le dis.

—À qui?

—À mistress Dowler.—«Vous avez fait un vœu, me dit-elle.—C'est vrai, répondis-je.—C'était un vœu téméraire.—C'est encore vrai. J'offrirai des excuses. Où est-il?»