—Pas l'ombre d'une camisole, monsieur, rétorqua Sam. J'ai peur que la petite boîte ne soit déjà comble de vos effets.»
Ce discours fut accompagné d'un coup d'œil expressif jeté sur cette partie du costume de M. Smangle qui atteste ordinairement la science de la blanchisseuse; aussi ce gentleman se crut-il obligé de tourner sur ses talons et d'abandonner, pour le présent du moins, toutes prétentions sur la bourse et sur la garde-robe de M. Pickwick. Il se retira donc d'assez mauvaise humeur au jeu de paume, où il déjeuna légèrement et sainement d'une couple des cigares qui avaient été achetés le soir précédent.
M. Mivins qui n'était pas fumeur, dont le compte en petits articles d'épicerie avait déjà atteint le bas de l'ardoise, et pour lequel on refusait de retourner ce grand livre primitif, demeura dans son lit, et suivant sa propre expression demanda à déjeuner à Morphée.
M. Pickwick déjeuna dans un petit cabinet, décoré du nom de boudoir, dont les habitants temporaires avaient l'inexprimable avantage d'entendre tout ce qui se disait dans le café voisin; ensuite il dépêcha Sam pour faire quelques commissions nécessaires; puis il se rendit à la loge, afin d'interroger M. Roker concernant son établissement futur.
«Ah! ah! M. Pickwick, dit ce gentleman en consultant un énorme livre. Nous ne manquons pas de place. Votre billet de copin sera pour le 27, au troisième.
—Mon quoi? demanda M. Pickwick.
—Votre billet de copin. Vous n'y êtes pas?
—Pas tout à fait, dit M. Pickwick en souriant.
—Vraiment, c'est aussi clair que le jour. Vous aurez un billet de copin pour le 27, au troisième, et ceux qui habitent la même chambre seront vos copins.
—Sont-ils nombreux? demanda M. Pickwick d'un air intrigué.