—Trois....»

M. Pickwick toussa.

«L'un deux est un ministre, continua M. Roker en écrivant sur un petit morceau de papier; l'autre est un boucher.

—Hein! fit M. Pickwick.

—Un boucher, répéta M. Roker en appuyant le bec de sa plume sur son bureau pour la décider à marquer. Neddy, vous rappelez-vous Tom Martin, quel noceur ça faisait? dit M. Roker à un autre habitant de la loge, lequel s'amusait à ôter la boue de ses souliers, avec un canif à vingt-cinq lames.

—Je crois bien, répondit l'individu interrogé.

—Dieu nous bénisse! continua M. Roker en branlant doucement la tête, et en regardant d'un air distrait par les barreaux de la fenêtre comme quelqu'un qui prend plaisir à se rappeler les scènes paisibles de son enfance; il me semble que c'est hier qu'il donnait une roulée aux charretiers, là bas à Fox-under-the-Hill, près de l'endroit où on débarque le charbon. Je le vois encore le long du Strand, entre deux Watchmen, un peu dégrisé par ses meurtrissures, avec un emplâtre de vinaigre et de papier gris sur l'œil droit; et sur ses talons, son joli boule-dogue, qui a dévoré le petit garçon ensuite. Quelle drôle de chose que le temps, hein, Neddy?»

Le gentleman à qui ses observations étaient adressées et qui paraissait d'une disposition pensive et taciturne, se contenta de répéter la même phrase, et M. Roker secouant les idées sombres et poétiques qui s'étaient emparées de lui, redescendit aux affaires communes de la vie, et reprit sa plume.

«Savez-vous quel est le troisième gentleman? demanda M. Pickwick, fort peu enchanté par cette description de ses futurs associés.

—Neddy, qu'est-ce que c'est que Simpson? dit M. Roker, en se tournant vers son compagnon.