[18] Jeu de mots: to be confined signifie être en couches et être prisonnier.
[CHAPITRE XVI.]
Où l'on décrit une entrevue touchante entre M. Samuel Weller et sa famille. M. Pickwick fait le tour du petit monde qu'il habite, et prend la résolution de ne s'y mêler, à l'avenir, que le moins possible.
Quelques matinées après son incarcération, Sam ayant arrangé la chambre de son maître avec tout le soin possible, et ayant laissé le philosophe confortablement assis près de ses livres et de ses papiers, se retira pour employer une heure ou deux le mieux qu'il pourrait. Comme la journée était belle, il pensa qu'une pinte de porter, en plein air, pourrait embellir son existence, aussi bien qu'aucun autre petit amusement dont il lui serait possible de se régaler.
Étant arrivé à cette conclusion, il se dirigea vers la buvette, acheta sa bière, obtint en outre un journal de l'avant-veille, se rendit à la cour du jeu de quilles, et, s'asseyant sur un banc, commença à s'amuser d'une manière très-méthodique.
D'abord il but un bon coup de bière, et levant les yeux vers une croisée, lança un coup d'œil platonique à une jeune lady qui y était occupée à peler des pommes de terre; ensuite il ouvrit le journal et le plia de manière à mettre au-dessus le compte rendu des tribunaux; mais comme ceci est une œuvre difficile, surtout quand il fait du vent, il prit un autre coup de bière aussitôt qu'il en fut venu à bout. Alors il lut deux lignes du journal, et s'arrêta pour contempler deux individus qui finissaient une partie de paume. Lorsqu'elle fut terminée, il leur cria: Très-bien, d'une manière encourageante, puis regarda tout autour de lui pour savoir si le sentiment des spectateurs coincidait avec le sien. Ceci entraînait la nécessité de regarder aussi aux fenêtres; et comme la jeune lady était encore à la sienne, ce n'était qu'un acte de pure politesse de cligner de l'œil de nouveau et de boire à sa santé, en pantomime, un autre coup de bière. Sam n'y manqua pas; puis ayant hideusement froncé ses sourcils à un petit garçon qui l'avait regardé faire avec des yeux tout grands ouverts, il se croisa les jambes, et, tenant le journal à deux mains, commença à lire sérieusement.
À peine s'était-il recueilli dans l'état d'abstraction nécessaire, quand il crut entendre qu'on l'appelait dans le lointain. Il ne s'était pas trompé, car son nom passait rapidement de bouche en bouche, et peu de secondes après l'air retentissait des cris de: Weller! Weller!
«Ici, beugla Sam, d'une voix de Stentor. Qu'est-ce qu'il y a? Qu'est-ce qu'a besoin de lui? Est-ce qu'il est venu un exprès pour lui dire que sa maison de campagne est brûlée?
—On vous demande au parloir, dit un homme en s'approchant.