—Merci, mon vieux, répondit Sam. Faites un brin attention à mon journal et à mon pot ici, s'il vous plaît. Je reviens tout de suite. Dieu me pardonne! si on m'appelait à la barre du tribunal, on ne pourrait pas faire plus de bruit que cela.»
Sam accompagna ces mots d'une légère tape sur la tête du jeune gentleman ci-devant cité, lequel, ne croyant pas être si près de la personne demandée, criait Weller! de tous ses poumons; puis il traversa la cour, et, montant les marches quatre à quatre, se dirigea vers le parloir. Comme il y arrivait, la première personne qui frappa ses regards fut son cher père, assis au bout de l'escalier, tenant son chapeau dans sa main et vociférant Weller! de toutes ses forces, de demi-minute en demi-minute.
«Qu'est-ce que vous avez à rugir? demanda Sam impétueusement, quand le vieux gentleman se fut déchargé d'un autre cri. Vous voilà d'un si beau rouge que vous avez l'air d'un souffleur de bouteilles en colère; qu'est-ce qu'il y a?
—Ah! répliqua M. Weller. Je commençais à craindre que tu n'aies été faire un tour au parc, Sammy.
—Allons! reprit Sam, n'insultez pas comme cela la victime de votre avarice. Otez-vous de cette marche. Pourquoi êtes-vous assis là? Ce n'est pas mon appartement.
—Tu vas voir une fameuse farce, Sammy, dit M. Weller en se levant.
—Attendez une minute, dit Sam. Vous êtes tout blanc par derrière.
—Tu as raison, Sammy: ôte cela, répliqua M. Weller pendant que son fils l'époussetait. Ça pourrait passer pour une personnalité de se montrer ici avec un habit blanchi à la chaux[19].»
Comme M. Weller montrait, en parlant ainsi, des symptômes non équivoques d'un prochain accès de rire, Sam se hâta de l'arrêter.
«Tenez-vous tranquille, lui dit-il. Je n'ai jamais vu un grimacier comme ça. Qu'est-ce que vous avez à vous crever maintenant?