En parlant ainsi, Job montrait ses joues creuses, et, relevant la manche de son habit, découvrait son bras si frêle et si décharné, qu'il semblait pouvoir être brisé par le moindre choc.
«Qu'est-ce que vous avez donc fait? s'écria Sam en reculant.
—Rien.
—Rien?
—Il y a plusieurs semaines que je ne fais rien, et que je ne mange guère davantage.»
Sam embrassa d'un coup d'œil la figure maigre de M. Trotter et son costume misérable, puis, le saisissant par le bras, il commença à l'entraîner de vive force.
«Où allez-vous, monsieur Weller? s'écria Job en se débattant vainement sous la main puissante de son ancien ennemi.
—Venez, venez! répondit Sam sans daigner lui donner d'autre explication, jusqu'au moment où ils atteignirent la buvette, et où il demanda un pot de porter, qui fut promptement apporté.
—Maintenant, dit Sam, buvez-moi ça jusqu'à la dernière goutte, et ensuite retournez le pot sens dessus dessous, pour me faire voir que vous avez pris la médecine tout entière.
—Mais, mon cher monsieur Weller....