—Avalez-moi ça,» reprit Sam d'un ton péremptoire.
Ainsi admonesté, M. Trotter porta le pot à ses lèvres et en éleva le fond lentement, et d'une manière presque imperceptible. Une fois, seulement, il s'arrêta pour respirer longuement, mais sans retirer son visage du vase; et quelques moments après, lorsqu'il le tint à bras tendus, avec le fond en haut, rien ne tomba à terre, si ce n'est trois ou quatre flocons de mousse, qui se détachèrent lentement du bord.
«Bien opéré, dit Sam. Comment vous trouvez-vous, après ça?
—Mieux, monsieur, beaucoup mieux, je pense.
—Nécessairement; c'est comme quand on met du gaz dans un ballon. Vous devenez plus gros à vue d'œil. Qu'est-ce que vous dites d'un autre verre de la même tisane?
—J'en ai suffisamment, monsieur; je vous remercie bien, mais j'en ai assez.
—Eh bien! alors, qu'est-ce que vous dites, de quelque chose de plus solide?
—Grâce à votre digne gouverneur, nous avons, à trois heures, un demi-gigot cuit au four, et garni de pommes de terre.
—Quoi! c'est lui qui vous donne des provisions? s'écria Sam avec un accent emphatique.
—Oui, monsieur. Et plus que cela, monsieur Weller, comme mon maître était fort malade, il a loué une chambre pour nous. Nous étions dans un chenil auparavant. Il est venu nous y voir la nuit, quand personne ne pouvait s'en douter. Monsieur Weller, continua Job, avec des larmes réelles cette fois, je serais capable de servir cet homme-là, jusqu'à ce que je tombe mort à ses pieds.