—Certainement, répondit Bob d'une voix professionnelle. Passez par ici, ma chère dame. N'ayez pas peur, madame, je suis persuadé que nous remédierons à tout cela, en fort peu de temps. Ici, ma chère dame, je vous écoute.»
En parlant ainsi, M. Bob Sawyer conduisait la vieille lady vers son fauteuil, fermait la porte, tirait une chaise auprès d'elle et attendait qu'il lui plût de détailler les symptômes de quelque maladie, dont il calculait déjà les profits probables.
La première chose que fit la vieille dame fut de branler la tête un grand nombre de fois et de se mettre à pleurer.
«Les nerfs agités, dit le chirurgien avec complaisance. Julep de camphre, trois fois par jour, et, le soir, potion calmante.
—Je ne sais par où commencer, monsieur Sawyer. C'est si pénible, si désolant....
—Ne vous tourmentez pas, madame; je devine tout ce que vous voudriez dire. La tête est malade.
—Je serais bien désespérée de croire que c'est le cœur, répondit la dame avec un profond soupir.
—Il n'y a pas le plus petit danger, madame. L'estomac est la cause primitive.
—Monsieur Sawyer! s'écria la vieille dame en tressaillant.
—Ce n'est pas douteux, madame; poursuivit Bob, d'un air prodigieusement savant. Une médecine, en temps utile, aurait prévenu tout cela.