—Eh! mais ce que vous faites.... Laissez-moi donc monsieur Weller, dit la jolie bonne en souriant et en poussant Sam contre le mur. Vous avez chiffonné mon bonnet, défrisé mes cheveux, et vous m'empêchez de vous dire qu'il y a ici une lettre qui vous attend depuis trois jours. Vous ne faisiez que de partir quand elle est arrivée, et il y a pressée dessus.
—Où est-elle, mon amour?
—J'en ai pris soin à cause de vous; autrement je suis bien sûre qu'elle aurait été perdue depuis longtemps. En vérité, c'est plus que vous ne méritez.»
Tout en parlant ainsi et en exprimant avec une petite coquetterie charmante des doutes, des craintes, de l'espoir, sur la conservation de la lettre, Mary la tira de la plus jolie petite guimpe qu'on puisse imaginer, et la tendit à Sam, qui la baisa aussitôt avec beaucoup de galanterie et de dévotion.
«Tiens, tiens, dit Mary en ajustant sa collerette avec une feinte ignorance; vous avez l'air d'être devenu bien amoureux de cette écriture-là tout d'un coup?»
Sam ne répondit que par une œillade, dont l'expression brûlante ne pourrait être rendue par aucune description; puis s'asseyant auprès de Mary, sur l'appui de la fenêtre, il ouvrit la lettre et en examina le contenu.
«Ohé! s'écria-t-il, qu'est-ce que ça veut dire?
—Pas de malheur, j'espère? dit Mary en regardant par-dessus son épaule.
—Que Dieu bénisse vos jolis yeux! s'écria Sam en se retournant.
—Ne vous occupez pas de mes yeux et pensez à votre lettre,» rétorqua la charmant bonne.