«Chut! murmura M. Weller avec un air d'appréhension; n'y fais pas attention, Sammy, c'est une veuve peut-être.»
Au bout de quelque temps l'invisible tapeur, remarquant qu'on ne s'occupait pas de lui, s'aventura à entr'ouvrir la porte pour jeter un coup d'œil dans la chambre, et l'on aperçut alors par l'ouverture, non pas une tête féminine, mais les longs cheveux noirs et la face rougeaude de M. Stiggins.
La pipe du vieux cocher lui tomba des mains.
Le révérend gentleman entre-bâilla la porte par un mouvement presque imperceptible, jusqu'à ce que l'ouverture fût assez large pour permettre le passage de son corps décharné, puis il se glissa dans la chambre et referma la porte avec soin et sans faire de bruit. Se tournant alors vers Sam il leva ses yeux et ses mains vers le plafond, en témoignage du chagrin inexprimable que lui avait causé la calamité tombée sur la famille; puis il porta le grand fauteuil dans un coin, auprès du feu, et s'asseyant sur le bord du siége, tira de sa poche un mouchoir brun, et l'appliqua à ses yeux.
Tandis que ceci se passait, M. Weller était demeuré sur sa chaise, les yeux démesurément ouverts, les mains plantées sur ses genoux, et toute sa contenance exprimant la stupéfaction la plus accablante. Sam placé vis-à-vis de lui attendait en silence et avec une inquiète curiosité, la fin de cette scène.
M. Stiggins tint, pendant quelques minutes, le mouchoir brun devant ses yeux, tout en gémissant d'une manière décente. Ensuite, ayant surmonté sa tristesse par un violent effort, il remit son mouchoir dans sa poche et l'y boutonna; après quoi il attisa le feu, frotta ses mains, et regarda Sam.
«Oh! mon jeune ami, dit-il en rompant le silence, mais d'une voix très-basse; voilà une terrible affliction pour moi.»
Sam baissa légèrement la tête.
«Et pour l'impie également! Cela fait saigner le cœur.»
Sam crut entendre son père murmurer quelque chose sur un nez qui pourrait bien aussi saigner; mais M. Stiggins ne l'entendit point.