—Je désirerais avoir un petit brin de conversation avec vous, mossieu, si vous pouvez m'accorder cinq minutes.
—Certainement. Sam, donnez une chaise à votre père.
—Merci, Samivel, j'en ai attrapé une ici. Un bon joli temps mossieu, dit M. Weller en s'asseyant et en posant son chapeau par terre.
—Fort beau pour la saison, répliqua M. Pickwick, fort beau.
—Le plus joli temps que j'aie jamais vu,» reprit M. Weller. Mais, arrivé là, il fut saisi d'un violent accès de toux, et sa toux terminée, il se mit à faire des signes de tête, des clins d'œil, des gestes suppliants et menaçants à son fils, qui s'obstinait méchamment à n'en rien voir.
M. Pickwick s'apercevant que le vieux gentleman était embarrassé, feignit de s'occuper à couper les feuillets d'un livre, et attendit ainsi que M. Weller expliquât l'objet de sa visite.
«Je n'ai jamais vu un garçon aussi contrariant que toi, Samivel, dit à la fin le vieux cocher, en regardant son fils d'un air indigné. Jamais, de ma vie ni de mes jours.
—Qu'a-t-il donc fait, M. Weller? demanda M. Pickwick.
—Il ne veut pas commencer, mossieu; il sait que je ne suis pas capable de m'exprimer moi-même, quand il y a quelque chose de particulier à dire, et il reste là, comme une ferme, plutôt que de m'aider d'une syllabe. Il me laisse embourber dans l'chemin pour que je vous fasse perdre votre temps, et que je me donne moi-même en spectacle. Ce n'est pas une conduite filiale, Samivel, poursuivit M. Weller en essuyant son front; bien loin de là!
—Vous disiez que vous vouliez parler, répliqua Sam; comment pouvais-je savoir que vous étiez embourbé dès le commencement?