—Eh ben! voilà de jolies choses pour revenir aux oreilles d'un père! Voilà de jolies choses!

—Je les ai observés dans diverses occasions, poursuivit M. Pickwick, sans faire de commentaires sur l'exclamation du gros cocher; et je n'en doute aucunement. Supposez que je désirasse les établir, comme mari et femme, dans une situation où ils puissent vivre confortablement; qu'en penseriez-vous, monsieur Weller?»

D'abord, M. Weller reçut avec de violentes grimaces une proposition impliquant mariage, pour une personne à laquelle il prenait intérêt: mais comme M. Pickwick, en raisonnant avec lui, insistait fortement sur ce que Mary n'était point une veuve, il devint graduellement plus traitable. M. Pickwick avait beaucoup d'influence sur son esprit, le cocher d'ailleurs avait été singulièrement frappé par les charmes de la jeune fille, à qui il avait déjà lancé plusieurs œillades très-peu paternelles. À la fin, il déclara que ce n'était pas à lui de s'opposer aux désirs de M. Pickwick, et qu'il suivrait toujours ses avis avec grand plaisir. Notre excellent ami le prit au mot avec empressement, et sans lui donner le temps de la réflexion, fit comparaître son domestique.

«Sam, dit M. Pickwick en toussant un peu, car il avait quelque chose dans la gorge, votre père et moi, avons eu une conversation à votre sujet.

—À ton sujet, Samivel, répéta M. Weller, d'un ton protecteur et calculé pour faire de l'effet.

—Je ne suis pas assez aveugle, Sam, pour ne pas m'être aperçu, depuis longtemps, que vous avez pour la femme de chambre de madame Winkle, plus que de l'amitié.

—Tu entends, Samivel, ajouta M. Weller du même air magistral.

—J'espère, monsieur, dit Sam en s'adressant à son maître; j'espère qu'il n'y a pas de mal à ce qu'un jeune homme remarque une jeune femme qui est certainement agréable, et d'une bonne conduite.

—Aucun, dit M. Pickwick.

—Pas le moins du monde, ajouta M. Weller, d'une voix affable mais magistrale.