—Loin de penser qu'il y ait du mal dans une chose si naturelle, reprit M. Pickwick, je suis tout disposé à favoriser vos désirs. C'est pour cela que j'ai eu une petite conversation avec votre père; et comme il est de mon opinion....

—La personne n'étant pas une veuve, fit remarquer M. Weller.

—La personne n'étant pas une veuve, répéta M. Pickwick en souriant, je désire vous délivrer de la contrainte que vous impose votre présente condition auprès de moi, et vous témoigner ma reconnaissance pour votre fidélité, en vous mettant à même d'épouser cette jeune fille, sur-le-champ, et de soutenir, d'une manière indépendante, votre famille et vous-même. Je serai fier, poursuivit M. Pickwick, dont la voix jusque-là tremblante, avait repris son élasticité ordinaire, je serai fier et heureux de prendre soin moi-même de votre bien-être à venir.»

Il y eut pendant quelques instants un profond silence, après lequel, Sam dit d'une voix basse et entrecoupée, mais ferme néanmoins:

«Je vous suis très-obligé pour votre bonté, monsieur, qui est tout à fait digne de vous, mais ça ne peut pas se faire.

—Cela ne peut pas se faire! s'écria M. Pickwick, avec étonnement.

—Samivel! dit M. Weller avec dignité.

—Je dis que ça ne peut pas se faire, répéta Sam d'un ton plus élevé. Qu'est-ce que vous deviendriez, monsieur?

—Mon cher garçon, répondit Pickwick, les derniers événements qui ont eu lieu parmi mes amis changeront complètement ma manière de vivre à l'avenir. En outre, je deviens vieux, j'ai besoin de repos et de tranquillité; mes promenades sont finies, Sam.

—Comment puis-je savoir ça, monsieur? Vous le croyez comme ça, maintenant; mais supposez que vous veniez à changer d'avis, ça n'est pas impossible, car vous avez encore le feu d'un jeune homme de vingt-cinq ans; qu'est-ce que vous deviendriez sans moi? Ça ne peut pas se faire, monsieur, ça ne peut pas se faire.