—Non, monsieur, répliqua M. Winkle, en passant le bras d'Arabelle sous le sien; je ne rougis ni de ma conduite ni de ma femme.
—Vraiment? dit le petit gentleman ironiquement.
—Je suis bien fâché d'avoir fait quelque chose qui ait diminué votre affection pour moi, monsieur; mais je dois dire en même temps que je n'ai aucune raison de rougir de mon choix, pas plus que vous ne devez rougir de l'avoir pour belle-fille.
—Donne-moi la main, Nathaniel, dit le vieillard d'une voix émue. Embrassez-moi, mon ange; vous êtes une charmante belle-fille, après tout.»
Au bout de quelques minutes, M. Winkle alla chercher M. Pickwick et le présenta à son père qui échangea avec lui des poignées de main pendant cinq minutes consécutives.
«Monsieur Pickwick, dit le petit vieillard d'un ton ouvert et sans façon, je vous remercie sincèrement de toutes vos bontés pour mon fils. Je suis un peu vif, et la dernière fois que je vous ai vu j'étais surpris et vexé. J'ai jugé par moi-même maintenant, et je suis plus que satisfait. Dois-je vous faire d'autres excuses?
—Pas l'ombre d'une, répondit M. Pickwick.... Vous avez fait la seule chose qui manquait pour compléter mon bonheur.»
Là-dessus il y eut un autre échange de poignées de mains, pendant cinq autres minutes, avec accompagnement de compliments qui avaient le mérite très-grand et très-nouveau d'être sincères.
Sam avait respectueusement reconduit son père à la Belle Sauvage, quand, à son retour, il rencontra dans la cour le gros joufflu qui venait d'apporter un billet d'Émily Wardle.
«Dites donc, lui cria le jeune phénomène, qui paraissait singulièrement en train de parler, dites donc, Mary est-elle assez gentille, hein? Je l'aime joliment, allez!»