— Dis donc les quatre diables! cria le bourreau. Est-ce que vous ne savez pas bien qu'ils restent là pour être pendus mardi? Est-ce que vous n'avez plus aucun respect pour la loi et la constitution… rien du tout? Laissez ces quatre hommes tranquilles.

— Allons! nous n'avons pas le temps de rire, cria Hugh. Ne les entendez-vous pas? Retirez ces barres qui sont là fixées entre la porte et le plancher, et laissez-nous entrer.

— Camarade, dit le bourreau à voix basse, en se baissant pour n'être pas entendu des autres, sous prétexte de faire ce que Hugh désirait, mais ne le quittant pas des yeux; ne peux-tu pas bien me laisser ces quatre hommes à ma discrétion, si c'est mon caprice comme ça? Tu fais bien ce que tu veux, toi; tu te fais en toute chose la part que tu veux… eh bien! moi, voilà ma part que je te demande. Je te le répète, laisse-moi ces quatre hommes-là tranquilles, je n'en veux pas davantage.

— Voyons, à bas les barreaux, ou laisse-nous passer, fut la réponse de Hugh.

— Tu sais bien, reprit doucement le bourreau, que tu peux remmener ce monde-là, si ça te convient. Comment! tu veux décidément entrer?

— Oui.

— Tu ne laisseras pas ces quatre hommes-là tranquilles, à ma discrétion? Tu n'as donc de respect pour rien… hein? continua le bourreau en opérant sa retraite par où il était entré, et regardant son compagnon d'un air sombre. Tu veux entrer, camarade, tu le veux?

— Quand je te dis que oui. Que diable! qu'est-ce que tu as donc?… Où veux-tu aller?

— Je vais où je veux, ça ne te regarde pas, répliqua le bourreau, jetant encore du guichet de fer où il était, et qu'il tenait entrebâillé, un regard dans la galerie, avant de le fermer sur lui tout à fait. Ne t'inquiète pas où je vais; mais fais attention où tu cours: tu t'en souviendras. Je ne t'en dis pas davantage.»

Là-dessus, il secoua d'un air menaçant du côté de Hugh son portrait sculpté sur sa canne, et, lui faisant une grimace encore moins aimable que son sourire habituel, il ferma la porte et disparut.