Il s'arrêta environ à un demi-mille du hangar où était couché son père, et faisant comprendre avec quelque difficulté à Hugh qu'il fallait descendre là, il jeta le harnais du cheval au fond d'une mare d'eau stagnante, et abandonna l'animal à lui-même. Après cela il soutint son compagnon du mieux qu'il put, et l'emmena tout doucement du côté de leur asile.

CHAPITRE XXVII.

On était au coeur de la nuit, et d'une nuit très noire quand Barnabé, avec son trébuchant ami, s'approcha de l'endroit où il avait laissé son père; cependant il put le voir se dérobant dans les ténèbres, car il ne se fiait pas même à son fils, et se retirant d'un pas rapide. Après lui avoir crié deux ou trois fois, mais sans succès, qu'il pouvait revenir, qu'il n'y avait rien à craindre, il laissa tomber Hugh sur le sol et se mit à la recherche de son père pour le ramener.

L'autre continua de se glisser furtivement dans l'ombre, jusqu'à ce que Barnabé l'eût rattrapé. Alors il se retourna, et lui dit d'une voix terrible, quoique étouffée:

«Laisse-moi aller. Ne me touche pas. Tu l'as dit à ta mère, et vous vous êtes entendus pour me trahir.»

Barnabé le regarda en silence.

«Tu as vu ta mère?

— Non, cria Barnabé avec ardeur. Oh! non, il y a bien longtemps… plus longtemps que je ne puis dire. Il doit bien y avoir un an. Est-ce qu'elle est ici?»

Son père le regarda fixement quelques instants, puis il lui dit en se rapprochant de lui, car, rien qu'à voir sa figure et à l'entendre parler, il était impossible de douter de sa sincérité:

«Qu'est-ce que c'est que cet homme-là?