Miss Larkins sourit et rougit (pour sourire j'en suis bien sûr, pour rougir je m'en flatte), puis elle dit:
«Pas cette fois, mais l'autre, si vous voulez.»
Le moment arrive. «C'est une valse, je crois, dit miss Larkins avec un peu d'embarras quand je me présente. Valsez-vous? sinon, le capitaine Bailey…»
Mais je valse, assez bien même, et j'emmène miss Larkins; je l'enlève fièrement au capitaine Bailey, dont je fais le malheur, je n'en doute pas. Peu m'importe! j'ai bien souffert, moi! Je valse avec miss Larkins l'aînée; je ne sais pas où je suis, qui m'entoure, combien de temps dure mon bonheur. Je sais seulement que je flotte dans l'espace avec un ange bleu, et que je suis dans un rêve de délices, jusqu'au moment où je me trouve assis près d'elle sur un canapé. Nous sommes seuls dans un petit salon. Elle admire le camélia rose du Japon que je porte à ma boutonnière. Il m'a coûté trois schellings, je le lui donne, en disant:
«J'en demande un prix exorbitant, miss Larkins!
— En vérité! que voulez-vous avoir en retour? répond-elle.
— Une de vos fleurs, pour la conserver comme un avare garde son or.
— Vous êtes un petit téméraire, dit miss Larkins. Tenez!»
Elle me donne une fleur de très-bonne grâce, je la porte à mes lèvres, puis je la cache dans mon sein. Miss Larkins se met à rire et me prend le bras en me disant:
«Maintenant, ramenez-moi au capitaine Bailey.»