— S'il ne mendie pas lui-même, alors c'est sa plus proche parente, dit Steerforth, n'est-ce pas la même chose?»
Il jeta les yeux sur moi, et je sentis la main de M. Mell se poser doucement sur mon épaule. Je le regardai le coeur plein de regrets et de remords, mais les yeux de M. Mell étaient fixés sur Steerforth. Il continuait à me caresser affectueusement l'épaule, mais c'était Steerforth qu'il regardait.
«Puisque vous m'ordonnez de me justifier, M. Creakle, dit Steerforth, et de m'expliquer plus clairement, je n'ai qu'une seule chose à dire: sa mère vit par charité dans un hospice d'indigents.»
M. Mell le regardait toujours, sa main toujours aussi posée doucement sur mon épaule; il murmura à voix basse, à ce que je crus entendre:
«C'est bien ce que je pensais.»
M. Creakle se tourna vers son répétiteur, les sourcils froncés, et d'un air de politesse contrainte:
«Monsieur Mell, vous entendez ce qu'avance M. Steerforth. Soyez assez bon, je vous prie, pour rectifier son assertion devant mes élèves réunis.
— Il a raison, monsieur; je n'ai rien à rectifier, répondit M. Mell au milieu du plus profond silence; ce qu'il a dit est vrai.
— Soyez assez bon alors pour déclarer publiquement, je vous prie, dit M. Creakle en promenant les yeux tout autour de la chambre, si jusqu'à l'instant présent ce fait était jamais parvenu à ma connaissance.
— Je ne crois pas que vous l'ayez su positivement, reprit
M. Mell.