Dora regarda la pendule d'un petit air inquiet, et insinua qu'elle croyait bien que la pendule avançait.
«Au contraire, mon amour, lui dis-je en regardant à ma montre, elle retarde de quelques minutes.»
Ma petite femme vint s'asseoir sur mes genoux, pour essayer de me câliner, et me fit une ligne au crayon sur le milieu du nez, c'était charmant, mais cela ne me donnait pas à dîner.
«Ne croyez-vous pas, ma chère, que vous feriez bien d'en parler à
Marie-Jeanne?
— Oh, non, je vous en prie, David! Je ne pourrais jamais, dit
Dora.
— Pourquoi donc, mon amour? lui demandai-je doucement.
— Oh, parce que je ne suis qu'une petite sotte, dit Dora, et qu'elle le sait bien!»
Cette opinion de Marie-Jeanne me paraissait si incompatible avec la nécessité, selon moi, de la gronder que je fronçai le sourcil.
«Oh! la vilaine ride sur le front! méchant que vous êtes!» dit Dora, et toujours assise sur mon genou, elle marqua ces odieuses rides avec son crayon, qu'elle portait à ses lèvres roses pour le faire mieux marquer; puis elle faisait semblant de travailler sérieusement sur mon front, d'un air si comique, que j'en riais en dépit de tous mes efforts.
«À la bonne heure, voilà un bon garçon! dit Dora; vous êtes bien plus joli quand vous riez.