Ma tante fit un signe de tête encourageant.

«Il faut y mettre de la patience, Trot, dit-elle.

— Certainement. Dieu sait que je ne veux pas être déraisonnable, ma chère tante.

— Non, non, dit ma tante, mais petite Fleur est très-délicate, il faut que le vent souffle doucement sur elle.»

Je remerciai, au fond du coeur, ma bonne tante de sa tendresse pour ma femme, et je suis sûr qu'elle s'en aperçut bien.

«Ne croyez-vous pas, ma tante, lui dis-je après avoir de nouveau contemplé le feu, que vous puissiez de temps en temps donner quelques conseils à Dora. Cela nous serait bien utile.

— Trot, reprit ma tante, avec émotion. Non! Ne me demandez jamais cela!»

Elle parlait d'un ton si sérieux que je levai les yeux avec surprise.

«Voyez-vous, mon enfant, me dit ma tante, quand je regarde en arrière dans ma vie passée, je me dis qu'il y a maintenant dans leur tombe des personnes avec lesquelles j'aurais mieux fait de vivre en bons termes. Si j'ai jugé sévèrement les erreurs d'autrui en fait de mariage, c'est peut-être parce que j'avais de tristes raisons d'en juger sévèrement pour mon propre compte. N'en parlons plus. J'ai été pendant bien des années une vieille femme grognon et insupportable. Je le suis encore. Je le serai toujours. Mais nous nous sommes fait mutuellement du bien, Trot; du moins vous m'en avez fait, mon ami, et il ne faut pas que maintenant la division vienne se mettre entre nous.

— La division entre nous! m'écriai-je.