— Mon Uriah va se faire humble, s'écria sa mère. Ne l'écoutez pas, mes bons messieurs!
— Voilà ce qu'il faut faire, dit Traddles. D'abord, vous allez me remettre, ici même, l'acte par lequel M. Wickfield vous faisait l'abandon de ses biens.
— Et si je ne l'ai pas?
— Vous l'avez, dit Traddles, ainsi nous n'avons pas à faire cette supposition.»
Je ne puis m'empêcher d'avouer que je rendis pour la première fois justice, en cette occasion, à la sagacité et au bon sens simple et pratique de mon ancien camarade.
«Ainsi donc, dit Traddles, il faut vous préparer à rendre gorge, à restituer jusqu'au dernier sou tout ce que votre rapacité a fait passer entre vos mains. Nous garderons en notre possession tous les livres et tous les papiers de l'association; tous vos livres et tous vos papiers; tous les comptes et reçus; en un mot, tout ce qui est ici.
— Vraiment? Je ne suis pas décidé à cela, dit Uriah. Il faut me donner le temps d'y penser.
— Certainement, répondit Traddles, mais en attendant, et jusqu'à ce que tout soit réglé à notre satisfaction, nous prendrons possession de toutes ces garanties, et nous vous prierons, ou s'il le faut, nous vous contraindrons de rester dans votre chambre, sans communiquer avec qui que ce soit.
— Je ne le ferai pas, dit Uriah en jurant comme un diable.
— La prison de Maidstone est un lieu de détention plus sûr, reprit Traddles, et bien que la loi puisse tarder à nous faire justice, et nous la fasse peut-être moins complète que vous ne le pourriez, cependant il n'y a pas de doute qu'elle ne vous punisse. Vous le savez aussi bien que moi. Copperfield, voulez-vous aller à Guildhall chercher deux policemen?»