— Et qu'aurais-je à vous dire? reprit-elle avec son radieux sourire. Mon père est bien. Vous nous retrouvez ici tranquilles dans notre vieille maison qui nous a été rendue; nos inquiétudes sont dissipées; vous savez cela, cher Trotwood, et alors vous savez tout.

— Tout, Agnès?»

Elle me regarda, non sans un peu d'étonnement et d'émotion.

«Il n'y a rien de plus, ma soeur? lui dis-je.»

Elle pâlit, puis rougit, et pâlit de nouveau. Elle sourit avec une calme tristesse, à ce que je crus voir, et secoua la tête.

J'avais cherché à la mettre sur le sujet dont m'avait parlé ma tante; car quelque douloureuse que dût être pour moi cette confidence, je voulais y soumettre mon coeur et remplir mon devoir vis-à-vis d'Agnès. Mais je vis qu'elle se troublait, et je n'insistai pas.

«Vous avez beaucoup à faire, chère Agnès?

— Avec mes élèves?» dit-elle en relevant la tête; elle avait repris sa sérénité habituelle.

«Oui. C'est bien pénible, n'est-ce pas?

— La peine en est si douce, reprit-elle, que je serais presque ingrate de lui donner ce nom.