«Le docteur, dit-elle, a recommandé que vous soyez bien tranquille, et qu'on ne vous fasse pas de bruit. Allons, faites un somme; nous causerons ensuite. Je resterai assise auprès de vous. Fermez vos yeux, vous vous endormirez peut-être. Cela vous fera du bien, essayez.»
La marquise tira alors une petite table contre le lit, s'assit auprès, et avec l'adresse d'une vingtaine de pharmaciens se mit en devoir de préparer des boissons rafraîchissantes. Quant à Richard, fatigué comme il l'était, il ne tarda pas à s'endormir. Au bout de quelque temps il se réveilla et demanda quelle heure il était.
«Juste six heures et demie,» répondit la marquise en l'aidant à se remettre sur son séant.
Richard appuya la main sur son front et se tourna tout à coup, comme s'il venait de lui passer une idée subite par la tête.
«Marquise, dit-il, qu'est devenu Kit?
— Il a été condamné à je ne sais combien d'années de déportation.
— Est-il parti?… et sa mère?… que fait-elle?… qu'est-elle devenue?»
La petite garde-malade secoua la tête et répondit qu'elle n'en savait rien du tout.
«Mais, ajouta-t-elle, si vous vouliez me promettre de rester tranquille, et de ne pas vous donner encore une rechute, je vous conterais… Mais non, pas à présent.
— Si, si, contez toujours… cela me distraira.