— Oh! non, je suis sûre du contraire, répondit la petite servante, d'un air effaré. Attendez que vous soyez mieux portant, et alors je vous raconterai tout.»
Dick attacha sur sa petite amie un regard pressant. Ses yeux agrandis et creusés par la maladie prirent une expression telle, que la jeune fille en fut épouvantée; elle le supplia de ne plus songer à cela. Mais le peu de mots qu'elle avait prononcés n'avaient pas seulement piqué la curiosité de Richard; ils avaient fait naître en lui de sérieuses inquiétudes. Aussi la pressa-t-il de tout lui dire, quelque fâcheuses que pussent être les nouvelles.
— Oh! il n'y a rien de fâcheux là dedans, dit-elle. Rien du tout qui vous concerne.
— Mais ça concerne peut-être?… Enfin est-ce que vous n'avez rien entendu à travers les fentes des portes ou les trous de serrure, qu'on n'aurait pas été bien aise que vous pussiez entendre?»
En faisant cette question, Dick respirait à peine.
«Oh! que si.
— Dans… dans Bevis-Marks? ajouta vivement Richard Quelque conversation entre Brass et Sally?
— Oui.»
Richard tira hors du lit son bras décharné; et, saisissant la jeune fille par le poignet, il la pressa de s'expliquer; sinon, il ne répondrait pas de ce qui pourrait arriver, dans l'état d'agitation et d'angoisse où il se trouvait et qu'il était incapable de supporter davantage. En le voyant si inquiet, la marquise comprit qu'il y aurait plus de danger à différer sa révélation que d'inconvénients à la faire tout de suite. Elle promit d'obéir, à condition que le malade se tiendrait parfaitement tranquille et s'abstiendrait de remuer ou de se tourner brusquement comme il faisait.
«Mais si vous recommencez, dit-elle, je laisserai là l'histoire.
Je vous en préviens.