«Pip a mérité une récompense en venant ici, et la voici. Ce sac contient vingt-cinq guinées. Donne-le à ton maître, Pip.»
Comme s'il eût été tout à fait dérouté par l'étonnement que faisaient naître en lui cette étrange personne et cette chambre non moins étrange, Joe, même en ce moment, persista à s'adresser à moi:
«Ceci est fort généreux de ta part, mon petit Pip, dit-il, et c'est avec reconnaissance que je reçois ton cadeau, bien que je ne l'aie pas plus cherché ici qu'ailleurs. Et maintenant, mon petit Pip, continua Joe en me faisant passer du chaud au froid instantanément, car il me semblait que cette expression familière s'adressait à miss Havisham; et maintenant, mon petit Pip, pouvons-nous faire notre devoir? Peut-il être fait par tous deux, ou bien par l'un ou par l'autre, ou bien par ceux qui nous ont offert ce généreux présent... pour être... une satisfaction pour le cœur de ceux... qui... jamais...»
Ici Joe sentit qu'il s'enfonçait dans un dédale de difficultés inextricables, mais il reprit triomphalement par ces mots:
«Et moi-même bien plus encore!»
Cette dernière phrase lui parut d'un si bon effet, qu'il la répéta deux fois.
«Adieu, Pip, dit miss Havisham. Reconduisez-les, Estelle.
—Dois-je revenir, miss Havisham? demandai-je.
—Non, Gargery est désormais ton maître. Gargery, un mot.»
En sortant, je l'entendis dire à Joe d'une voix distincte: