«Ce petit s'est conduit ici en brave garçon, et c'est sa récompense. Il va sans dire que vous ne compterez sur rien de plus.»
Je ne sais comment Joe sortit de la chambre; je n'ai jamais bien pu m'en rendre compte, mais je sais qu'au lieu de descendre, il monta tranquillement à l'étage supérieur, qu'il resta sourd à toutes mes observations et que je fus forcé de courir après lui pour le remettre dans le bon chemin. Une minute après, nous étions sortis, la porte était refermée, et Estelle était partie!
Dès que nous fûmes en plein air, Joe s'appuya contre un mur et me dit:
«C'est étonnant!»
Et il resta longtemps sans parler, puis il répéta à plusieurs reprises:
«Étonnant!... très étonnant!...»
Je commençais à croire qu'il avait perdu la raison. À la fin, il allongea sa phrase et dit:
«Je t'assure, mon petit Pip, que c'est on ne peut plus étonnant!»
J'ai des raisons de penser que l'intelligence de Joe s'était éclairée par ce qu'il avait vu, et que, pendant notre trajet jusqu'à la maison de Pumblechook, il avait ruminé et adopté un projet subtil et profond. Mes raisons s'appuient sur ce qui se passa dans le salon de Pumblechook, où nous trouvâmes ma sœur en grande conversation avec le grainetier détesté.
«Eh bien! s'écria ma sœur; que vous est-il arrivé? Je m'étonne vraiment que vous daigniez revenir dans une aussi pauvre société que la nôtre. Oui, je m'en étonne vraiment!