«Quand vint le verdict, ce fut pour Compeyson qu'on réclama l'indulgence, en conséquence de ses bons antécédents, de la mauvaise compagnie qu'il avait fréquentée, et aussi en considération de toutes les informations qu'il avait données contre moi.

«Moi je n'entendis d'autre mot que le mot: coupable!

«Et quand je dis à Compeyson:

«—Une fois sorti du tribunal, je t'écraserai le visage, misérable!»

«Ce fut Compeyson qui demanda protection au juge et l'on mit deux geôliers entre nous.

«Il en eut pour sept ans, et moi pour quatorze, et encore le juge, en le condamnant, ajouta qu'il le regrettait, parce qu'il aurait pu bien tourner.

«Quant à moi, le juge voyait bien que j'étais un vieux pécheur, aux passions violentes, ayant tout ce qu'il fallait pour devenir pire...»

Provis était petit à petit arrivé à un grand état de surexcitation; mais il se retint, poussa deux ou trois soupirs, avala sa salive un nombre de fois égal, et, étendant vers moi sa main comme pour me rassurer:

«Je ne vais pas me montrer petit, cher enfant,» dit-il.

Il s'était échauffé à tel point, qu'il tira son mouchoir et s'essuya la figure, la tête, le cou et les mains avant de pouvoir continuer.