—C'est étrange, dit M. Wopsle, retombant dans son regard perdu. Et cependant je jurerais que c'est lui.»
Prenant l'alarme, je suppliai M. Wopsle de s'expliquer.
«Je ne sais pas si je l'aurais remarqué d'abord, si vous n'eussiez pas été là, dit M. Wopsle, continuant du même ton vague; ce n'est pas certain, pourtant je le crois.»
Involontairement, je regardai autour de moi, comme j'avais l'habitude de le faire, en rentrant au logis, car ces paroles mystérieuses me donnaient le frisson.
«Oh! on ne peut plus le voir, dit M. Wopsle, il est sorti avant moi; je l'ai vu partir.»
Avec les raisons que j'avais d'être méfiant, j'allai jusqu'à soupçonner ce pauvre acteur. J'entrevoyais un dessein de m'arracher quelque aveu par surprise. Je le regardai donc en marchant, mais je ne disais rien.
«Je me figurais follement qu'il devait être avec vous, monsieur Pip, jusqu'à ce que je m'aperçusse que vous ne saviez pas qu'il était là, assis derrière vous comme un fantôme.»
Mon premier frisson me reprit, mais j'étais résolu à ne pas parler encore, car j'étais tout à fait convaincu, d'après les paroles de Wopsle, qu'il devait avoir été choisi pour m'amener à parler de ce qui concernait Provis. J'étais, bien entendu, parfaitement assuré que Provis n'était pas là.
«Je vois que je vous étonne, monsieur Pip, je le vois bien; mais c'est bien étrange. Vous aurez peine à croire ce que je vais vous dire; je pourrais à peine le croire moi-même, si vous me le disiez.
—Vraiment! dis-je.