J'allais m'excuser, comme n'étant qu'un bien pauvre compagnon, quand Wemmick me prévint.

«Je connais vos engagements, dit-il, et je sais que vous êtes rebattu de ces sortes de choses, monsieur Pip; mais, si vous pouviez m'obliger, je le considèrerais comme une grande bonté de votre part. Ça n'est pas une longue promenade, et c'est une promenade matinale. Cela vous prendrait, par exemple (en comptant le déjeuner, après la promenade), de huit heures à midi. Ne pourriez-vous pas trouver moyen d'arranger cela?»

Il avait tant fait pour moi à différentes reprises, que c'était en vérité bien peu de chose à faire en échange pour lui être agréable. Je lui dis que j'arrangerais cela, que j'irais; et il fut si enchanté de mon consentement, que moi-même j'en fus satisfait. À sa demande, je convins d'aller le prendre à Walworth le lundi à huit heures et demie du matin, et nous nous séparâmes.

Exact au rendez-vous, je sonnai à la porte du château le lundi matin, et je fus reçu par Wemmick lui-même qui me sembla avoir l'air plus pincé que de coutume et avoir sur la tête un chapeau plus luisant. À l'intérieur, on avait préparé deux verres de lait au rhum et deux biscuits. Le père devait être sorti dès le matin, car en jetant un coup d'œil dans sa chambre, je remarquai qu'elle était vide.

Après nous être réconfortés avec le lait au rhum et les biscuits, et quand nous fûmes prêts à sortir pour nous promener, avec cette bienfaisante préparation dans l'estomac, je fus extrêmement surpris de voir Wemmick prendre une ligne à pécher et la mettre sur son épaule.

«Mais nous n'allons pas pécher? dis-je.

—Non, répondit Wemmick; mais j'aime à marcher avec une ligne.»

Je trouvai cela singulier; cependant je ne dis rien et nous partîmes dans la direction de Camberwell Green; et, quand nous y arrivâmes, Wemmick me dit tout à coup:

«Ah! voici l'église.»

Il n'y avait rien de très surprenant à cela; mais cependant je fus quelque peu étonné quand il me dit, comme animé d'une idée lumineuse: