—Et vous vous sentez toujours plus fort, mon vieux camarade?
—Oui, cher Joe, toujours.»
Joe mit sur la couverture, à l'endroit de mon épaule, sa large et bonne main, et dit d'une voix qui me sembla étouffée:
«Bonsoir!»
Quand je me levai le lendemain matin, reposé et plus fort, j'avais pris la pleine résolution de tout dire à Joe sans délai. Je voulais lui parler avant déjeuner. Je m'habillai aussitôt pour me rendre dans sa chambre et le surprendre; car c'était le premier jour que je me levais matin. Je fus à sa chambre. Il n'y était pas. Non seulement il n'y était pas, mais sa malle n'y était pas non plus.
Je gagnai aussitôt la table où le déjeuner était servi, j'y trouvai une lettre. Voici les quelques mots qu'elle contenait:
«Ne voulant pas être importun, je suis parti; car vous voilà bien rétabli, mon cher Pip, et vous serez beaucoup mieux sans
«JO.»
«P. S. Toujours les meilleurs amis.»
Inclus dans la lettre, je trouvai un reçu du montant de la dette et des frais pour lesquels j'avais été arrêté. Jusqu'à ce moment, j'avais supposé que mon créancier avait arrêté ou au moins suspendu ses poursuites pour me permettre de me rétablir complètement. Je n'avais jamais songé que Joe eût payé la somme; mais Joe l'avait payée, et le reçu était à son nom.