- Je crois que si, répondit Olivier en levant vivement la tête! cela veut dire vol… C'est ce que vous faites, n'est-ce pas? demanda-t-il en se reprenant.
- Oui, répondit le Matois, et j'aurais honte de faire autre chose.» En même temps il mit son chapeau sur l'oreille d'un air tapageur, et regarda maître Bates comme pour l'inviter à dire le contraire, s'il l'osait. «Oui, c'est mon métier; et c'est celui de Charlot, et de Fagin, et de Sikes, et de Nancy, et de Betty, de nous tous tant que nous sommes, à commencer par Fagin et à finir par le chien, qui ferme la marche.
- Et qui est le moins disposé à trahir, ajouta Charlot Bates.
- Ce n'est pas lui, dit le Matois, qui s'aviserait d'aboyer au banc des témoins et d'aller se compromettre; on pourrait bien l'y attacher et le laisser quinze jours sans manger, qu'il ne bougerait pas.
- Il s'en garderait bien; il n'y a pas de danger, observa Charlot.
- C'est un drôle de chien, poursuivit le Matois; quand il est en société, comme il regarde d'un air menaçant quiconque se met à rire ou à chanter! Avec ça qu'il ne grogne pas quand il entend jouer du violon, et qu'il ne déteste pas les chiens de toute autre espèce! Non, il se gêne!
- C'est, ma foi, un parfait chrétien,» dit Charlot.
Maître Bates voulait seulement dire par là que c'était un chien doué de toutes les qualités, et ne songeait pas que cette remarque offrait un autre sens également juste: car il y a bien des hommes et des femmes qui se donnent pour de parfaits chrétiens, et qui ne ressemblent pas mal au chien de M. Sikes.
«C'est bon, c'est bon, dit le Matois en revenant au sujet de la conversation; ceci n'a rien à faire avec le jeune nigaud ici présent.
- C'est vrai, dit Charlot. Olivier, pourquoi ne te mets-tu pas au service de Fagin?